L'UMP est née en 2002 de la fusion du RPR, de Démocratie libérale et d'Écologie bleue en un seul parti auquel se sont associés le Forum des républicains sociaux, le CNIP et le Parti radical, qui eux conservèrent leur autonomie au sein du nouveau mouvement. Les deux tiers des députés UDF les rejoignirent par la suite. (Source Wikipédia)
De 2002 à 2004, le « meilleur d’entre nous » Alain Juppé, comme disait Jacques Chirac, en devient le 1er président, mais pour peu de temps, les résultats électoraux étant déjà à l’époque calamiteux et le petit Poucet aux dents qui rayent le parquet, Nicolas Sarkozy, fait son possible pour torpiller Juppé.
En 2004 le même Sarkozy sait, que pour atteindre le seul objectif qu’il s’est fixé, la présidence de la république, c’est d’ailleurs quand on y repense la seule promesse qu’il ait respecté dans sa carrière de politicien professionnel, qu’il doit prendre la tête de l’UMP. Sa solidarité avec le gouvernement Raffarin est inexistante, il capitalise exclusivement sur le ministère de l’intérieur, ce ministère qui fabrique quasiment à coup sûr des présidents. Nous avons un bel exemple aujourd’hui avec Manuel Valls qui a les mêmes obsessions et techniques que Nicolas Sarkozy.
Petite parenthèse, je me souviens de cette année 2004 ou je disais à mes proches que cet homme, Nicolas Sarkozy, sans doute et sans parole serait le candidat de la droite en 2007. Tous ou presque me disaient ne même pas connaître l’ »animal » et que je divaguais un peu. J’avais malheureusement raison.
J’en reviens à sa prise en force de l’UMP en novembre 2004, il se fait élire sur des promesses de rénovation du parti (rénover un parti qui a 2 ans, c’est incroyable) et emporte l’adhésion de beaucoup qui pensent que Jacques Chirac et ses soutiens sont d’une vieille génération qui ne comprend rien à la manipulation des médias. Il faut dire que Sarkozy en terme de forcing est très persuasif, tous les patrons de presse et de l’audiovisuel le côtoient et boivent ses paroles (qui sont très souvent des histoires à dormir debout, mais explosives). Il met au rencard les références gaullistes de l’UMP et tourne le parti vers les Etats-Unis de Georges Bush et la Grande-Bretagne de Tony Blair. Jamais il n’a digéré que la France ne s’engage dans la guerre en Irak.
Malgré une victoire nette en 2007 (à mon plus grand regret), Sarkozy a tué le « U » de l’UMP, les 18,57 % soit 6 820 119 votes du 1er tour des présidentielles pour François Bayrou montre que Nicolas Sarkozy entraine l’UMP vers une droitisation qui n’est pas du gout de tous les électeurs républicains de la droite.
Son élection le 6 mai 2007 masque des doutes dans les rangs de l’UMP, il y a des législatives à suivre et toute la droite a besoin de l’adoubement du maître de l’Elysée. Et il y a surtout des postes ministériels à pourvoir.
Je ne vais pas m’étaler sur le quinquennat désastreux d’un Nicolas Sarkozy arrivé enfin à son unique objectif de vie, le pouvoir suprême de chef de l’état français. Il fera tout ou presque de travers, il ne prendra jamais la mesure de la crise financière qui deviendra une crise économique grave et sur endettera la France de + 600 milliards d’Euros et n’agira pas pour empêcher le million de chômeurs supplémentaire de son quinquennat.
Son obsession de l’étranger (discours de Grenoble) l’amènera à marcher de plus en plus sur les plates-bandes du Front National,( Il faut dire que Buisson dirige le bal) avec des dérives sans précédent pendant la campagne présidentielle de 2012 (1er mai au Trocadéro), qui verra pour la 2ème fois un président sortant de la Vème république tomber à terre après un échec cuisant le 6 mai 2012.
Depuis l’UMP n’a plus de « U «, il reste à peine le MP (Mouvement Populaire). Les gaullistes ont depuis longtemps quitté le Titanic à la dérive, la force d’appoint qu’était Jean-Louis Borloo a repris son indépendance avec l’UDI, Nicolas Dupont-Aignan était parti depuis longtemps, l’écologie n’existe plus à l’UMP et le mouvement homosexuel a jeté l’éponge après les terribles dérapages de la manif pour tous.
Que reste-t-il dans ce mouvement agonisant ? La droite populaire qui n’a de cesse depuis 5 ans que de réclamer une fusion avec le Front National, la droite forte (rire) d’un ancien villieriste frontiste qui s’imagine président de la république en 2022, la poignée d’amis du déchu président Sarkozy, le copain Hortefeux et la passionaria des dance floor Nadine Morano. Bref une équipe de bras cassés.
Je garde pour la fin le bouquet final, je veux parler de Jean-François Copé, plus connu sous le sobriquet de « langue de bois » et François Fillon le co-responsable avec Nicolas Sarkozy de l’état désastreux de la France de 2007 à 2012. Ces deux-là se battent comment des chiffonniers pour rien en fait. L’UMP fait même rire les journalistes étrangers avec les fraudes, les réconciliations puis les coups de couteaux dans le dos.
L’UMP est un parti tout simplement terminé, lessivé, plus aucune Union possible, juste des querelles de petits chefs qui n’ont rien retenu de l’intelligence politique des gaullistes qui ont porté Jacques Chirac par 2 fois à l’Elysée. Nicolas Sarkozy a modelé la droite pour ses ambitions personnelles et s’en est allé sans se soucier de sa succession
Face à l’UDI qui récupère aujourd’hui une partie de la droite républicaine, même Jean-Pierre Raffarin, c'est dire, je conseille à Bruno Le Maire qui semble le dernier UMP à avoir un peu la tête sur les épaules (avec l'aide d'Alain Juppé) de reconstruire le RPR aux côté de l’UDI, sous peine de finir comme satellite du Front National qui compte les points.
Voici ce qu'il restera de l'UMP, un message d'intolérance avec le FN, Civitas et les identitaires... (afp)
Pour tout dire, je m’en contrefiche de la mort de l’UMP, sauf si sa dérive dangereuse apporte des voix au commerce familial d’extrême droite des le Pen.
A lire ou relire :
- En 2002 TOUS contre le FN, en 2013 Copé avec le FN
- Après la peste, le choléra ?

