De Nitro-Politic

Humaniste, pas de facade, je n'ai pas de programme politique à vendre et ne vise aucun poste d'élu. Si vous me cherchez, regardez à Gauche.


François Hollande, la trahison

Publié par Nitro_Politic sur 15 Janvier 2014, 11:15am

Catégories : #François Hollande, #politique, #Parti Socialiste, #Medef, #précarité, #chômage, #Entreprise

Comme pour ses vœux aux français, François Hollande a débuté sa conférence de presse par « nous nous sommes trompés sur la profondeur et la longueur de la crise » et moi, j’ai une nouvelle fois entendu « le Parti Socialiste s’est trompé... ». Une manière de balayer le programme du PS et les engagements de la campagne primaire et présidentielle.

François Hollande, la trahison

Le "coming out" était attendu, cela faisait longtemps que nous avions compris que François Hollande et ses synthèses penchait bien plus pour le capital que pour le travail. Les choix de Cahuzac et Moscovici à Bercy ne doivent rien au hasard.
La surprise sera venue, pour moi, de la forme du "coming out", un exemple de fourberie quand le président annonce: "le discours du Bourget reste ma référence". Non content de trahir toute la gauche, je rappelle comme cela au passage les 11,10% du candidat du Front de Gauche, François Hollande y ajoute le sarcasme et ça il est impossible de laisser passer l’affaire.

Nous verrons dans les prochaines semaines si les députés socialistes et Europe Ecologie Les Verts endossent fièrement le costume du social libéralisme ou si quelques-uns, pris de remords par rapport à leur profession de foi, vont faire preuve d’un minimum d’honneur envers leurs électeurs.

Sur la forme toujours, le président de la république a balayé le chômage de masse d’un coup d’emploi d’avenir, pire qu’un militant hollandolâtre sur son compte Twitter. Le millionième inscrit aux Restos du Cœur n’aura pas eu le droit à une petite attention présidentielle, les 460 sans domicile fixe décédés en France durant l’année 2013 non plus. Je comprends aussi sa gêne, quand on annonce, comme le réclame Manuel Barroso et Angela Merkel depuis des mois, cinquante milliards de réductions des dépenses, il faudra bien que le fameux modèle social français reçoive non pas un coup de canif, mais un bon gros coup de tronçonneuse.
Il n’y en a eu que pour la COM PE TI TI VI TE avec une annonce fourre-tout de 30 milliards de réduction des recettes pour la branche famille de la sécurité sociale.
Par la même occasion la grande réforme fiscale promise par le candidat Hollande, puis abandonnée par le président Hollande, puis reprise par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, a été purement et simplement sacrifiée sur l’autel de l’injustice sociale, le cheval de bataille des néo-libéraux.

Je me demande ce qu’Arnaud Montebourg peut bien ressentir dans cette trahison ?
Souvenez-vous de la lettre du candidat François Hollande, je parle de celui qui portait encore à l’époque l’étiquette socialiste, qui pour gagner la primaire lui écrivait ceci : « faute d’avoir su tenir la promesse d’une Europe sociale, nous nous retrouvons pris dans l’étau des règles strictement économiques et budgétaires ». Sacré François. (La lettre à Montebourg qui n’engage que les idiots d’électeurs qui l’ont lu et y ont crue se trouve ici )

Sur le fond maintenant, j’ai toujours clamé qu’il fallait d’urgence faire quelque chose pour les TPE/PME en France, je ne vais donc pas râler aujourd’hui que François Hollande ait enfin compris qu’il fallait agir. Mais, puisqu’il faut bien qu’il y ait un mais, l’annonce est assez surréaliste et contreproductive, de mon avis.
La suppression des 5,25% des cotisations familiales patronales qui s’adresse à l’entrepreneur individuel aussi bien qu’à la holding Total est une bonne nouvelle économique en trompe l'œil. Pour les TPE ce sera sans doute un ballon d’oxygène qui permettra pour certaines d’éviter la liquidation judiciaire, tant mieux et pour les grandes entreprises ce sera un bon moyen de reconstituer les dividendes, mais à aucun moment cela ne sera vecteur de créations massives d’emplois.
Le président nous dit, maintenant que j’ai figé la ressource, ce sera 30 milliards, je vais demander aux partenaires sociaux de mettre en place les « contreparties » en termes d’emplois.
C’est le monde à l’envers, pour caricaturer à l’extrême, c’est un peu comme si vous aviez besoin de changer 3 fenêtres et que vous annonciez aux vendeurs qui viennent vous faire des devis que vous allez payer tel montant, peu importe quelle camelote sera installée. Le Medef ne pouvait pas rêver mieux pour s’assurer que les grandes entreprises raflent une grande partie du pactole.

Des solutions sont pourtant à portée de main ; comment n’a-t-il pas pu exiger du Medef que bon nombre d’industries délocalisées en Asie, sous actionnariat français se devaient de revenir sur le territoire en contrepartie de réductions de cotisations. Comment n’a-t-il pu exprimer que certains secteurs, comme par exemple la grande distribution, n’avaient besoin d’aucune aide nouvelle de l’état pour construire les usines à smicards que sont les drives. Comment n’a-t-il pas évoqué l’indispensable revalorisation des salaires pour qu’une dynamique puisse se produire et que tous les français se sentent acteurs et pas seulement contribuables. Quid de la piste des 32 heures ?

Nous avons bien entendu que le modèle allemand est le seul et unique programme que François Hollande s’est fixé. Son désintérêt pour les cassés, les démontés, les fatigués de 6 ans de crise a malheureusement transpiré, sa décision est prise, il faut sacrifier une génération pour accéder à la sainte croissance, quitte à atteindre le taux de pauvreté allemand de 17%.

Le président de la république a annoncé qu’il était social-démocrate, quand le candidat se disait socialiste, compte tenu de sa fâcheuse tendance à s’arranger avec la vérité, nous pouvons en déduire que François Hollande est social-libéral.

Hier soir nous en discutions avec ma chère et tendre, de Sarkozy nous n’avons jamais été déçus, nous n’en avions jamais rien attendu de bon, il a été tout le long de son mandat conforme à sa médiocrité affichée.

Se faire « baiser » quand on est pas consentant, c’est pas joli joli.
C'était ma petite touche de poésie :-)

 

PS : Je tenais à remercier le journaliste qui a évoqué, durant la conférence de presse, le terrible sort des Roms en France sous la présidence Hollande.

 

J'ajoute une petite perle de dernière minute de Le Figaro en date du 30 janvier 2012  :

13 milliards de charges basculées sur la TVA et la CSG
Nicolas Sarkozy a annoncé une exonération des charges patronales qui financent les allocations familiales .
...

 

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peyo 16/01/2014 16:43

Les décisions politiciennes ne sont prises qu'en fonction de prétendus intérêts économiques pilotés par les grands groupes en forme de pieuvres qui portent 1000 noms pour se faire passer pour des PME, confortées par le jugement de la commission européenne emportée par la charia néolibérale. Les vraies PME familiales souffrent de traiter avec ces pieuvres qui sont les principaux donneurs d'ordres. Chaque jour qui passent, réunion après réunion on optimise les profits, on s'évertue à prendre des parts de marché à la concurrence, à la réduire en l'achetant, où à s'entendre entre groupes. Lorsqu'un vrai entrepreneur comme Niel fait oeuvre de concurrence libre et non faussée, le ministre Montebourg monte au front pour en dénoncer le danger. Au fou.L'intérêt général n'est qu'un paramètre de faible importance. profits et dividendes, yachts géants et avions privés, champagne à 15000 € la bouteille, les profits augmentent toujours, la misère et le chômage aussi. Hollande défend ce système et se promet même de l'aider avec l'argent gagné avec notre force de travail. Compétitivité ? Tout le monde veut être compétitif. Les plus compétitifs sont les plus pauvres, exploités par les mêmes groupes qui viennent crier misère dans l'Europe développée et nous vendent les produits délocalisés avec des marges mirifiques. Ce système est devenu fou, ivre de vitesse et d'absurde compétition. En choisissant d'y adhérer franchement, il est certain que Hollande a choisi son camp, celui des destructeurs. Le parti socialiste n'existe plus. Il ne lui reste plus qu'à faire une grande coalition avec l'UMP, contre la gauche, comme en Allemagne et la boucle sera bouclée. Toujours dans l'intérêt de la France, bien entendu. Pour le PS, raison libérale n'est pas trahison, pour les électeurs de gauche qui ont des idées et qui ont voté, si. Alors, que faisons nous ?

peyo 16/01/2014 18:13

Nous serons donc ensemble, bon vent à votre blog.

Nitro_Politic 16/01/2014 17:28

Que faisons nous ? C'est une "putain" de bonne question, à laquelle je n'ai pas de réponse miracle.
Soit nous attendons en espérant que les "forces du bien" reprennent le dessus au cœur du Parti Socialiste, ce qui n'est pas demain la veille, tellement la soif de pouvoir est grande parmi les apprentis élus en fédérations.
Soit un mouvement de gauche se crée, un mouvement qui se devra d'être au minimum sud-européen, avec pour valeurs l'humain, son environnement et le travail choisi. Dans ce cas j'en serais, sous réserve que ce ne soit pas une organisation militaire avec un général en chef tout puissant.

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