Il était une fois... Non j’arrête mes idioties.
Dans ce billet très personnel, je souhaite expliquer comment on peut passer de la lumière à l’ombre en très peu de temps.
Un jour de 1997, alors que je travaillais comme cadre technique et commercial pour une usine de fabrication de matériels industriels. J’ai envoyé mon premier e-mail pour commander des tonnes d’acier. Ce jour là fut un déclic. Le soir même je me rendais dans le premier hypermarché sur ma route pour acquérir un PC flambant neuf équipé d’un fantastique modem 14K et d’un kit de connexion MSN (l’ancêtre de Wanadoo).
J’utilisais l’informatique, ambiance armoire IBM de 2 mètres de hauteur sur 1 mètre de large, depuis déjà + de 15 ans, mais là ce fût une renaissance pour moi.
Bref je me plongeais dans le monde du Web ou de la Toile, suivant votre sensibilité, pour ne plus jamais le quitter. Je plaque mon taf et monte ma « Web Agency » (lol terme rigolo aujourd’hui).
A cette époque nous ne sommes pas moins de 16 agences nouvellement créés dans cette ville moyenne, 2 agences, dont la mienne, ont tenu plus de 5 ans.
Pendant 3/4 ans pas le moindre revenu, mes réalisations couvrent juste les frais de fonctionnement de l’agence, je vis de mes économies, d’emprunts familiaux et surtout des revenus de mon épouse que certain connaissent sur Twitter. Puis enfin vers 2002 l’internet commence à recevoir un écho favorable auprès des chefs d’entreprises et des collectivités locales.
Les projets se multiplient, les commandes se signent et débute les embauches et la formation de salariés, développeurs, graphistes, web designers, l’agence comptera 8 salariés en 2008 (que des CDI). Compte tenu du développement l’agence n’est plus une agence purement Web, mais se transforme en agence de communication globale, nous rayonnons sur toute la France.
Je continue à investir la quasi-totalité des bénéfices dans l’entreprise, je ponctionne à l’époque l’équivalent d’un smic ½. Mais voilà « patatra » c’est la crise de 2008, nos plus gros clients rognent en 1er dans leur budget de communication et exigent que nous assumions les mêmes prestations pour 1/3 du prix sous peine d’aller voir ailleurs, c'est-à-dire vers des Freelancer qui se développent à vitesse grand V dans cette période troublée. Comme un « con » j’accepte en ne me résignant pas à licencier, on ne se refait pas.
Entre 2008 et 2009 l’entreprise (individuelle, quelle folie) perd plus de 45 000€ et l’ambiance devient morose dans l’équipe. Deux collaborateurs quittent le navire, avec mon aide, je passerais les détails et un autre est licencié économique. Cette période fût un régal pour le cabinet d’expertise comptable et la banque qui s’en mettait plein les poches en prévisionnels, plan de financement et agios.
Durant l’année 2009 mon père décède et sur les conseils non avisés du cabinet comptable j’injecte en 2010 la totalité de l’héritage dans l’entreprise, pensant regagner la confiance des partenaires financiers puis relancer l’entreprise en développant entre autre l’activité applications pour Smartphones qui pointait le bout de son nez.
Seulement un matin d’hiver 2011, ma banque principale, le Crédit Agricole, décide unilatéralement de couper les crédits à court terme (Dailly) et ce malgré la présentation d’un bilan positif.
En fait la banque était en train de lâcher toutes les TPE de ma région et pas seulement la mienne.
Cette décision nous sera fatale, même si nous obtenons le concours d’un nouveau partenaire financier, la Banque Populaire, celui-ci est obligé d’attendre une année de collaboration pour nous octroyer les mêmes facilitées que nous avions avec le Crédit Agricole.
Je passe sur une période de redressement judiciaire inutile et très couteuse, tellement les vautours que sont les experts comptables et autres mandataires judiciaires profitent de votre fragilité et de votre désarroi pour alourdir l’addition. Je pense d’ailleurs écrire prochainement sur la connivence entre eux.
J’avais toujours dit à mes collaborateurs que le jour où je ne pourrais pas payer les salaires en temps et en heure, je mettrai la clef sous la porte, ce fut le cas en mai 2012.
Depuis cette date, je n’existe plus, je n’ai plus de compte en banque, plus aucun revenu, plus de travail et même l’interdiction d’exercer une autre activité que salarié.
Je veux bien être salarié, mais comme me l’ont confirmé Pôle Emploi et VAR groupe Randstad, à 48 ans je suis un « sénior » (Diminutif de bon pour la casse) et qu’en Bretagne profonde à part par relations réseaux, il n’y a aucun espoir de trouver un poste.
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Après 29 années de travail et à l’heure où j’écris ce billet, avec mon épouse et mes deux gamins, nous vivons avec moins de 1000€ mensuel (CAF comprise) et 15€ sur un livret A (minimum obligatoire pour garder le compte ouvert) et un remboursement d’emprunt d’environ 750€ mensuel.
Autant vous dire que les éditorialistes à écharpe ou les politicards cancérigènes qui parlent d’ « assistés » me sortent par les trous de nez.
Je vous raconterai dans un autre billet l’acharnement d’un mandataire judiciaire pour vendre la maison familiale dont je suis pour moitié propriétaire. Et oui la séparation de bien ne sert strictement à rien dans notre pays (même notre ancienne avocate ne le savait pas, c’est dire).
PS : Si vous connaissez un avocat capable de gérer notre affaire en Finistère, je suis preneur. Pour l’instant tous se sont défilés pour cause de dossier compliqué. Je n’ose imaginer que ce soit l’aide juridictionnelle qui les fasse fuir... #oupas
A lire ou relire:
- La BPI très utile mais il en faut plus pour les TPE
- "ASSISTES" "CLASSE MOYENNE" "INVESTISSEURS" Qui êtes vous ?
