Je fais ici une incartade dans la politique locale, ce qui n’est généralement pas ma tasse de thé, mais la situation en vaut la chandelle.
Depuis quelques semaines ma ville moyenne Quimper, endormie depuis des décennies, était suspendue à la décision (sans aucun suspense) du maire sortant de se représenter, ou pas !
Le 12 septembre 2013 c’est (publiquement) décidé, le secret de polichinelle est dévoilé, Bernard Poignant, 68 ans, va encore donner de sa personne, comme il le fait depuis 1981 quand même, pour le bien-être de ses concitoyens, il est candidat à sa 4ème réélection comme maire de Quimper.
Autant vous dire que ce n’est pas réjouissant pour moi qu’une nouvelle fois la chape de conservatisme soit maintenue sur la ville. Ce n’est pas que la personne soit antipathique, bien au contraire, c’est juste qu’il était grand temps de passer la main.
Bernard Poignant (PS) a déjà dirigé la ville pendant 18 ans en 3 mandats, son prédécesseur Alain Gérard (UMP), encore un conservateur lui avait ravi la place durant 7 ans de 2001 à 2008.
A l’image d’un Rebsamen ou d’un Collomb, Poignant n’a pas préparé l’avenir et sa succession, il règne en maitre absolu sur un secteur géographique qu’il pense être le sien depuis plus de 30 ans. Il y avait bien le jeune et dynamique député et président de la commission des lois, Jean-Jacques URVOAS, mais celui-ci et c’est tout à son honneur refuse le cumul des mandats.
Le problème vient de la fédération PS locale qui n’a pas le courage d’affronter un monument tel que Bernard Poignant qui se targue à longueur d’articles de presse de disposer d’un bureau à l’Elysée et de murmurer à l’oreille de son « ami » président de la république française, François Hollande. Cela n'a d'ailleurs servi à pas grand chose, nous attendons et attendrons encore longtemps ce TGV qui nous est promis depuis des lustres.
Je passe rapidement sur l’opposition de Bernard Poignant à l’adoption par des couples homosexuels ou à l’image d’Henry Guaino, il avait écrit : « l’enfant a besoin de l’altérité. Comme orphelin, je me suis construit dans l’altérité du père absent… Tout enfant doit savoir qu’il a un père et une mère ». Ce qui a donné du grain à moudre aux députés UMP durant les débats sur le mariage pour tous.
La ville de Quimper fait de son centre un gigantesque "parc d’attraction", sans vie, sans activités commerciales ou les très petites entreprises meurent dans une indifférence inquiétante. Les élus écologistes sont en partie responsables de cette désertification mortifère du coeur même de la ville.
Par contre fleurissent tout autour des kilomètres² de parkings goudronnés ou les grandes enseignes commerciales nationales tuent toute notion de concurrence et proposent des emplois précaires trop souvent très mal payés.
Il n’est pas trop tard d’ici 2 semaines pour qu’un(e) candidat(e) socialiste se présente à l’investiture pour la mairie de Quimper de 2014, mais comme en 2008, ce sera encore une fois Bernard Poignant qui gagnera à la fin.
Pour conclure, je rêve pour ma ville d’un maire dynamique, consacrant 100% de son temps à Quimper, un maire de terrain au fait des difficultés économiques et sociales de ses administrés. D’un maire qui mettrait en place un plan de sauvegarde des activités commerciales et artisanales au cœur même de la cité.
Je rêve d’une ville qui consacrerait plus de temps et de moyens à la jeunesse qui ne peut se contenter de l’attraction annuelle (1 semaine) que sont les fêtes de Cornouaille, cet évènement passionnant mais tellement poussiéreux.
Je ne désespère pas qu'un jour...
